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Héliopolis, actuellement au Cinéma en Algérie

Héliopolis, actuellement au Cinéma en Algérie

C’est à Héliopolis, village colonial bâti sur des terres fécondes de l’Est, que vivent les Zenati, dans leur grand domaine familial. Si Mokdad élèves ses enfants, Mahfoud et Nedjma, entre valeurs musulmanes et occidentales, rêvant de les voir jouer leur rôle dans une «Algérie française», a laquelle il croit. Mais voilà qu’une deuxième Guerre mondiale éclate et perturbe cet équilibre bien Précaire, levant doucement le voile sur une «Algérie plus complexe».
En effet, la déroute de la France face à l’Allemagne change le rapport de forces en Algérie

Le mouvement national algérien, jusque-là timide et affaibli, gagne en puissance et se met à appeler à de grands changements. Face à lui, le grand colonat et le gouvernement tentent de ralentir son évolution par tous les moyens. Entre les deux, le peuple. Des «musulmans» qui commencent à espérer des lendemains meilleurs et des «petits colons» effrayés à l’idée de perdre leurs privilèges.
La situation se tend et se complique et cette tension atteint aussi les Zenati. C’est ainsi que Mahfoud, l’aîné et universitaire à Alger, devient sensible au discours d’un certain Ferhat Abbas, meneur du combat politique pour l’abolition du Code de l’Indigénat et pour l’égalité pour tous.

Tandis que Nedjma, qui lutte contre les paradoxes liés à sa double éducation musulmane et française, découvre progressivement à travers son frère
aussi à travers l’homme qu’elle aime – Bachir – , une Algérie beaucoup plus complexe que celle dépeinte par son père. Mais elle continuera à croire longtemps à l’utopie d’une Algérie pour tous.
Leur père, Si Mokdad, se retrouve lui entre deux feux, sollicité constamment pour prendre parti.
Surpris, il choisit l’immobilisme. Ce sera alors le choix de son propre enfant qui l’obligera à se joindre à l’Histoire. Il devient ainsi, malgré lui, le témoin intime de la genèse d’un massacre qu’il ne pourra pas empêcher.


Note d’intention du Réalisateur 

« Heliopolis » est un long métrage dont l’histoire fictive, prend pour toile de fond, un évènement important mais souvent tût, de l’Histoire algéro-française. Le fait choisi, s’inscrit dans la période coloniale, et rappelle toute la violence et les exactions commises par l’occupant ; en évoquant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans au cours des
évènements dits, du 08 mai 1945.
C’est au cours de festivités organisés pour célébrer la fin de la seconde guerre mondiale, mais surtout la victoire des alliés sur les forces de l’axe ; que des partis nationalistes algériens profitant de l’audience particulière donnée à cette journée, décident par des manifestations de rappeler leurs revendications ; ces manifestations sont autorisées par les autorités à la condition que seuls des drapeaux français soient agités à cette époque l’Algérie était française. Seulement voilà qu’à sétif, un policier tire sur jeune scout musulman tenant un drapeau de l’Algérie et le tue, ce qui déclenche une émeute meurtrière.

Nombreux manifestants y perdirent la vie, et le drame s’est étendue aux régions de Guelma et de kherata, avant que l’armée n’intervienne…
Tiens, parlons-en de Guelma. Pourquoi le nom de cette petite ville d’Algérie est-il si peu connu
par les Français ? Pourquoi dès que l’on commence à relater ce qui s’y est passé le 08 mai 1945 l’on crie au mensonge ? Peut-être est-ce aujourd’hui à nous Algériens, d’écrire l’Histoire de notre côté et de « montrer » objectivement, avec la minutie du détail et l’exactitude basée sur des témoignages sans équivoque, l’étendue de cette tragédie humaine ?
Parce que précisément, le peu de place que les évènements de Guelma, ont laissé dans l’histoire, est en rapport inverse de la démesure de ce drame. En effet, il s’est produit à Guelma un événement tellement incroyable, tellement dramatique que l’on essaie de se persuader qu’il n’a jamais eu lieu. L’exhumer est un devoir de mémoire. Et c’est en ce sens que mon choix c’est porté sur ce tragique évènement, à l’exemple du film d’Andrzej Wajda, grâce auquel il a été fait
justice massacre de Katyn de 1944.
Mon intention,mon souhait, c’est que ce film ait un retentissement semblable.Qu’il puisse mettre la lumière sur le génocide (non reconnu en tant que tel) de Guelma aux yeux de la communauté internationale, tout en montrant aux jeunes générations Algériennes ce qu’ont subi leurs grands- parents de l’Est du pays.
Ainsi, Heliopolis revient brièvement sur les années précédant les évènements de Guelma, afin de mieux comprendre comment un simple fonctionnaire de l’Administration Française peut s’auto-investir du pouvoir de vie ou de mort, sur des milliers d’êtres humains, sans peu de représailles, ni cas de conscience. Ensuite, le film relate dans le détail, la manifestation du 08mai 1945 depuis sa préparation jusqu’à la tournure tragique qu’elle a prise après qu’Achiary ait ouvert le feu sur le jeune porte-drapeau. Il retrace minutieusement les circonstances ayant conduit à la formation des milices et du tribunal civil qui jugea et exécuta des centaines d’innocents musulmans. Il explique comment l’armée Française en est arrivée à bombarder et à exterminer à l’arme lourde, les populations des villages de Millésimo, Petit, Lapaine, Jean- Sadeler, Gounod Héliopolis et tant d’autres.
Enfin, lors de la récente visite du Président Français en Algérie, Emmanuel Macron a incité les peuples Algériens et Français à regarder ensemble vers l’Avenir. Ce souhait est louable, à condition de ne pas tourner le dos au passé et d’en respecter la mémoire.
Voici la raison de mon choix.

Djaffar GACEM Cinéaste

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